WineTrip en Anjou – Partie 1

Voyage dans le merveilleux pays des rosés en Anjou

En ce mois de septembre j’ai fait ma petite valise, j’ai pris ma petite voiture, j’ai pris un petit avion et je me suis rendu dans les grands alentours d’Angers afin de découvrir un peu plus les rosés produits dans cette région que je connaissais peu. Il faut savoir qu’il y a plus de 800 producteurs de rosés en Anjou Saumur qui est la deuxième productrice de rosés AOC en France (derrière la Provence). Ces producteurs utilisent les quelques 13 cépages autorisés sur les différentes appellations pour produire différents vins et laisser libre cours à leur créativité.

Vu tout ce que j’ai à te raconter, afin d’éviter un article trop long, j’ai opté pour l’écrire en deux parties, pas bête hein.

3 rosés bien différents

La première donnée qu’il a fallu assimiler c’est la différence entre les 3 appellations de rosé qu’on peut trouver dans la région.

Le Rosé de Loire : Parmi les trois, on est sur le rosé sec, sans sucrosité, c’est le vin qui va accompagner tout le repas, avec sa vivacité, sa minéralité et ses côtés vineux.

Le Rosé d’Anjou : On est sur un niveau de tendresse intermédiaire, avec 7 g/l de sucre résiduel minimum et généralement inférieur à 20 g/l. On parle aussi de demi-sec, la plupart sont autour des 8 à 10 g/l. On va apprécier son fruit, sa rondeur et son équilibre. Ca peut s’accorder merveilleusement bien avec de la nourriture asiatique en venant contrebalancer les épices.

Le Cabernet d’Anjou : Avec ce vin on est sur une sucrosité supérieure au rosé d’Anjou, le cahier des charges impose 10 g/l de sucre résiduel. Cette appellation autorise seulement 2 cépages, le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon. Ceux que j’ai goûtés étaient en moyenne autour des 18 à 20 g/l. On va se régaler de sa douceur subtile et de sa gourmandise.

Domaine Escogriffe

Pour débuter notre voyage on a stoppé le mini van dans les vignes de Diane, la vigneronne du Domaine Escogriffe. J’ai ainsi pu aller au contact du cépage phare des rosés d’Anjou, le Grolleau Gris, qui produit des gros grains de couleur grise, on a l’impression que ce n’est pas mûr. En attrapant quelques grains dans la vigne on se rend compte que c’est bien mûr et sucré, c’est bon en fait, vivement de le goûter dans sa version fermentée.

Du côté du domaine, j’ai adoré la fougue de Diane, elle est jeune et pleine d’envie. Elle s’occupe de ses 10 hectares en cave particulière depuis l’année dernière, le premier millésime est le 2017, pour lequel elle a confectionné une dizaine de cuvées.
Elle a également, avec son père et son oncle, 30 autres hectares en coopérative.

Avec un terroir favorable, de la roche drainante, elle se lance dans des essais bio afin d’envisager une conversion rapidement.

Après nous avoir montré le fonctionnement de la cave, du moment où les raisins arrivent jusqu’au moment où ils partent en élevage, on a pu s’amuser à déguster le vin à différentes étapes de la fermentation, du pur jus de fruit jusqu’à la fermentation presque aboutie.

On est ensuite passé au caveau qui est situé dans des caves souterraines, magnifique. Ma première dégustation peut commencer !

On a démarré avec le Rosé de Loire, la cuvée « Main dans la main » 2017 (Grolleau noir, Grolleau gris et Gamay). Le nez est assez expressif sur le fruit, la groseille et la pêche. En bouche il m’a directement conquis par sa fraîcheur et sa minéralité, j’ai aussi apprécié ses notes vineuses qui font de lui un vin gastronomique.

Le domaine ne produit pas de Rosé d’Anjou, nous passons directement au Cabernet d’Anjou, la cuvée « Sol » 2017, un 100% Cabernet Franc qui présente 20 g/l de sucre résiduel. Je suis agréablement surpris par la délicatesse du sucre, je m’attendais à plus. Je pense que le terroir permet d’obtenir ce résultat qui fait qu’on est sur un vin gourmand c’est certain mais aussi délicat et fin. Je comprends, en terminant ce verre, pourquoi le Cabernet d’Anjou plait tant.

Diane nous a aussi fait déguster d’autres cuvées.
– « Amor Fati » 2017, un Anjou Blanc 100% Chenin sur les fleurs blanches et la vivacité.
– « Grolleau Gris » 2017, un vin blanc sur le fruit avec plus de gras et de matière.
– « Bel Essor » 2017, une vendange tardive Coteaux de l’Aubance qui est vendangée en 3 fois entre fin septembre et fin octobre. Un vin moelleux de grande classe.
– « Chez Paulette » 2017, un Anjou Rouge 100% Cabernet Franc, un vin joyeux et gouleyant sur la fraîcheur et la framboise.
– « Millésime 2012 », un Crémant de Loire produit par le papa, qui exprime dans ses fines bulles des arômes de fleurs d’abricotier d’une sensualité folle.

La Table de la Bergerie

Après cette première étape, mes copines et moi, on s’est rendu pour le déjeuner à La Table de la Bergerie. Ah oui, je ne t’ai pas parlé de mes copines, ce voyage s’est fait sous le signe de la féminité. Du côté de la fédération viticole Anjou Saumur il y avait Fanny, à la communication Elsa, dans les vignes il y avait plusieurs vigneronnes comme Diane, et enfin, quelques blogueuses talentueuses : http://www.carointhesixties.fr/http://mat-aime.fr/https://www.nantaise.fr/https://www.terroir-evasion.com/http://aswildchild.com/ 

La Table de la Bergerie est un restaurant gastronomique, un macaron Michelin, situé à Champ sur Layon. C’est le chef David Guitton qui propose sa cuisine goûteuse dont l’inspiration varie au rythme des saisons et des envies. Il y a très peu de couverts, il est vivement conseillé de réserver, la salle est intime et contemporaine avec une vue directe sur les vignes du domaine. Une deuxième salle permet de recevoir des petits groupes autour d’une grande table en bois. Sur ce déjeuner on a pu apprécier sa cuisine délicate au travers de gougères fromagères justes parfaites, d’une douce mise en bouche à base de rillettes de volaille et d’une crème de courgette, d’une entrée aux langoustines avec ses légumes en gelée de rosé d’Anjou, d’un plat aux rougets avec caviar d’aubergine pistou de coriandre et jus safrané, d’un dessert en fraîcheur avec une soupe de pêche et figues accompagnée d’une glace au Cabernet d’Anjou.

Domäne Vincendeau

A notre table nous avions Liv Vincendeau du domaine du même nom Domäne Vincendeau. Cette Franco-Allemande m’a captivé pendant tout le repas, elle est passionnante et ouverte aux autres. Elle sait exactement ce qu’elle aime et ce qu’elle veut faire, dès le départ elle s’est ainsi lancée dans le bio sur les 7 hectares qu’elle a acheté en 2014. Les vendanges sont manuelles, les rendements sont faibles et le travail du chai est artisanal.

Elle nous a proposé son rosé de Loire, la cuvée L’Arpent du Saule 2016, un assemblage de 5 cépages issus de la même parcelle, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Gamay, Grolleau Noir et un peu de Grolleau Gris. La robe est colorée, limite rouge clair, en bouche il se révèle gourmand et vineux avec un équilibre obtenu grâce à une acidité rafraîchissante en fin de palais. On sent dans chaque gorgé tout le travail et le cœur que Liv investit dans son domaine.

Le Domaine de la Bergerie

Quelques lignes plus haut je t’ai parlé des vignes qu’on peut voir depuis la salle du restaurant, l’explication est assez simple, c’est que le restaurant se trouve sur Le Domaine de la Bergerie, un domaine viticole qui appartient à la famille Guegniard. Ce sont actuellement les deux filles, Anne et Marie qui reprennent le flambeau. Anne est l’épouse du chef David, c’est une belle complémentarité ça.

On a été reçu avec un Crémant de Loire rosé à la bulle fine qui révèle une aromatique douce et fruitée. On a surtout goûté un Cabernet d’Anjou, la cuvée Les Buissons, il m’a régalé sur des notes de petits bonbons aux fruits rouges enrobés d’une fine couche acidulée.

Lors de ce déjeuner, on n’allait pas se contenter de deux vins, on nous a aussi servi un autre rosé de Loire du Domaine du Fief Noir, la cuvée Ouest Coast 2017. Ce vin mise sur la discrétion, tant au nez qu’en bouche, il mise clairement sur la finesse avec des flagrances de fleur de pécher.
Dans nos verres également, un Rosé d’Anjou du Domaine de la Tuffière en millésime 2017, la cuvée Voulez-vous rosé avec moi. Cet assemblage de Grolleau noir et de Gamay m’a abreuvé d’une sucrosité subtile simplement présente pour révéler le fruit, c’est net, direct vers le plaisir.

Vendange au Domaine Cady

Je termine cette première partie de ce WineTrip avec le Domaine Cady chez qui on est allé dans les vignes pour assister au balai de la vendange. On est reçu par Philippe et Alexandre Cady qui dirigent le domaine avec Sylvie Cady. C’est une belle exploitation de 30 hectares de vignes en bio depuis 2011. Ils produisent quelques 16 cuvées différentes en blanc, rouge et rosé.
On a pu s’essayer à la récolte du raisin, j’ai fait 2 seaux, mince contribution mais je pourrai dire qu’il y a un peu de bOb dans le millésime 2018 du domaine. Alexandre nous explique que les vendanges sont 100% manuelles, pour récolter les 30 hectares ça lui prend un délais d’un mois environ, quel boulot ! L’avantage pour lui est de pouvoir avoir des grains préservés de la vigne jusqu’au chai.

Justement, passons au chai, on a pu suivre les raisins en provenance de la vigne qui sont passés dans un érafloir pour aller ensuite dans le pressoir. Du pressoir, ils vont ensuite dans une première cuve afin de démarrer le processus de fermentation. Comme chez Diane on a pu voir ce processus à différentes étapes, ce qu’on a trouvé de plus amusant c’est que le liquide parait vivant, le CO2 qui se dégage par la fermentation génère de grosses bubulles. Attention, c’est hyper dangereux, il ne faut pas se pencher pour respirer sous peine d’avoir la tête qui tourne sévère, et il ne faut surtout pas tomber dans la cuve sous peine … d’y rester, RIP.

Côté dégustation, on a commencé avec le rosé de Loire du domaine, millésime 2017, un assemblage de Gamay et de Grolleau noir. C’est un rosé tout terrain, un rosé de soif, sur le fruit, la fraîcheur et la gourmandise.
On est passé ensuite au demi-sec avec le Cabernet d’Anjou qui contient 30 g/l de sucre résiduel. En bouche on peut fermer les yeux et se laisser envahir par ce smoothie aérien de pomme et de fraise.

On n’a pas eu le temps de tester les autres cuvées du domaine Cady, on avait un autre rendez vous … mais ça, je te le raconte dans la deuxième partie très bientôt. J’espère que ce premier aperçu te donne une envie féroce d’aller acheter et déboucher un de ces rosés. Personnellement, je me suis auto-donné envie rien qu’en relisant mon texte 🙂 Qui a dit ivrogne !?!?

En savoir plus :

https://federationviticole.com/

https://www.facebook.com/domaine.escogriffe/

http://www.latable-bergerie.fr/

http://www.domaenevincendeau.com/

http://www.domainebergerie.fr

https://www.fiefnoir.com/fr/

https://www.domainecady.fr/

Toutes les photos :

Info : J’ai été invité à découvrir ces domaines et ces lieux. Cet article en reste sincère car ça correspond parfaitement à ce que je souhaite partager sur ce blog.

 

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