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L’Île de Ré et ses vignes

Article écrit par Nathalie, ma douce

A ma grande surprise, il y a beaucoup des vignes sur l’Île de Ré, je ne m’attendais pas à ça.

En fait, il y a toujours eu des vignes sur l’île peut-être même au temps des romains, mais ce sont les moines cisterciens au XIII° siècle qui ont commencé à vraiment les cultiver, jusqu’à exploiter 5 000 hectares de vignes, soit environ 40% des surfaces de l’île. Mais à la fin du XIX° siècle, le crise du phylloxéra frappe toute l’île et la production est quasiment stoppée. 

Il a fallu reconstruire petit à petit le domaine. En 1950, les vignerons commencent à se réorganiser et à enrayer la crise avec la naissance de la Cave Coopérative viticole UNIRE. Aujourd’hui, il y a à peu près 40 vignerons adhérents à UNIRE qui cultivent 550 hectares de vignes, dont la moitié est plantée en Ugni blanc (cépage qui sert à faire du Cognac et du Pineau) et l’autre moitié en divers cépages (pour faire du vin). 

Le Cognac

Pour faire du Cognac, il faut d’abord faire du vin. L’Ugni blanc, le cépage qui sert à faire cet alcool, vient du sud de l’Italie et a besoin de beaucoup de soleil et de chaleur pour mûrir. Sur l’Île de Ré où les conditions climatiques ne sont pas les mêmes, il ne va pas mûrir entièrement et va être récolté très acide et ne sera pas fort en alcool avec à peine 10°. Il ne serait pas très bon à conserver comme ça, mais il est parfait pour faire du Cognac. Pour obtenir ce précieux alcool, on va procéder à une double distillation du vin produit. Le vin est mis dans une grande cuve et la première distillation se fait à 85-95° (en dessous du point d’ébullition de l’eau et au dessus de celui de l’alcool). L’alcool va s’évaporer, monter dans l’alambic et les vapeurs vont partir dans la partie la plus étroite qui s’appelle le col de cygne pour terminer dans une autre cuve remplie de serpentins et d’eau froide. Les vapeurs vont se refroidir et revenir à l’état liquide pour former un premier distillat à 30° d’alcool. Ce distillat va être distillé une deuxième fois dans des cuves plus petites en utilisant le même procédé jusqu’à obtenir une eau de vie à 70°. 

Cette eau de vie deviendra du Cognac mais seulement après avoir vieilli au moins 2 ans en fût de chêne. L’échange entre le bois et l’eau de vie et le passage de l’oxygène au travers de la barrique va permettre au Cognac de se colorer et de prendre davantage d’arômes au fil du temps. Nous avons pu visiter la cave de vieillissement où une partie du Cognac produit est vieillie ici dans des barriques de 400 litres. Il faut savoir qu’il y a plusieurs mentions de vieillissement du Cognac mais seulement les 3 suivantes sont utilisés pour le Cognac de l’Île de Ré : le VS (Very Special) minimum 2 ans, le VSOP (Very Special Old Pale) minimum 4 ans, le XO (Extra Old) minimum 10 ans. Certaines barriques ont même du Cognac qui a plus de 17 ans d’âge. Tous les cognacs produits sont issus d’un assemblage de d’eaux de vie de barriques pouvant avoir un vieillissement différent et d’eau distillée afin d’obtenir un Cognac à 40° (et pas à 70°). Au final, la majorité du Cognac de l’Île de Ré sera exportée à l’étranger car les français ne sont pas de grands consommateurs de cet alcool. Ce n’est pas notre cas, avec chéri, nous on adore !

Le Pineau

Le Pineau est un mélange de 25% d’eau de vie et de 75% de jus de raisin. Il peut être obtenu en mélangeant l’eau de vie avec du raisin blanc pour le Pineau blanc et avec du raisin rouge pour le Pineau rosé. A l’issu du mélange, on obtient un Pineau à 17° qu’on va faire vieillir dans de grandes cuves. Il est nécessaire de faire vieillir le Pineau pour le rendre harmonieux car sinon on ne sentirait que le côté brûlant de l’eau de vie et le côté sucré du jus de raisin. Le Pineau rosé va vieillir au minimum 1 an et demi et le blanc 2 ans et demi. Au final, on obtiendra un apéritif assez sucré et qui aura sensiblement le même goût chaque année grâce au travail d’assemblage des différents millésimes réalisé par l’œnologue. A l’inverse du Cognac, le Pineau est un alcool très local et est essentiellement consommé en France, puis en Belgique et au Canada.

Les vins

La cave coopérative a un volume de vendanges important et est équipée de sept presses pneumatiques et de différents types de cuves afin de gérer les cépages qui sont apportés par les coopérateurs. La cave va ainsi produire du blanc, du rosé et du rouge. Les blancs et les rosés (après macération) sont pressés puis en mis en cuve. Les rouges sont directement mis dans des cuves appelés Ganimede. Ces cuves à remontages automatiques utilisent le dégagement de CO2 produit par la fermentation pour brasser le marc sans intervention mécanique. C’est dans ces cuves que pendant un mois a lieu la première fermentation alcoolique du vin avec les levures (transformation du sucre en alcool) et la deuxième fermentation malolactique (transformation de l’acide malique en acide lactique par des bactéries). On récupère ensuite le premier vin de la cuve appelé vin de goutte, puis le marc de la cuve pour le presser et ainsi obtenir le vin de presse. Le vin de goutte est généralement beaucoup plus souple et moins tannique que le vin de presse et c’est l’œnologue qui décidera quel pourcentage de chacun des deux vins il assemblera. Ensuite certains vins seront mis en cuve et d’autres en barriques. 

Le vin représente 75% de ce que la cave vend. La proportion des vins produits est dans l’ordre : rosé, blanc puis rouge. Sur les 2 millions de bouteilles réalisés, 80% sont vendus sur l’Île. Le reste est vendu dans les alentours (La Rochelle, Rochefort, Niort) ou expédié grâce au site en ligne. Huit cépages différents sont cultivés par les vignerons de la cave (Ugni blanc pour le Cognac et le Pineau, Colombard, Chardonnay, Sauvignon pour les blancs et Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon et Négrette pour les rouges). Sur les 13 cuvées, certains vins sont élevés en fûts de chêne et d’autres comme le Trousse Chemise blanc ou rosé sont produits selon la méthode traditionnelle (pour ne pas dire Champenoise).

A la dégustation, j’avoue que j’ai eu un faible pour l’équilibre du blanc, la cuvée le Royal et pour le peps fruité du Trousse Chemise rosé bien frais !

Souvenirs du voyage

Comme tu peux le constater, on n’est pas rentré sans rien, on a fait quelques achats, sans se ruiner car les tarifs sont très compétitifs, tu peux le constater sur le site de vente en ligne. La poussette d’Esteban a été très utile pour transporter tout ça.

Merci beaucoup aux vignerons et surtout à Solène pour sa visite guidée très complète et pédagogique, trop forte !

Je pense que je vais demander à chéri d’aller nous ouvrir une petite bouteille.

En savoir plus :

http://www.vigneronsiledere.com/

Toutes les photos :

Info : J’ai été invité à découvrir l’île de Ré. Cet article en reste sincère tellement c’est exactement ce que je veux montrer et partager sur ce blog.

A propos Nathalie Caucat

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