Accueil / Vin / Gaillac, des rencontres et des vins

Gaillac, des rencontres et des vins

Je t’ai déjà dit

Dans mon précédent article sur mon voyage en terres Gaillacoises, je t’ai donné les chiffres et le détail du vignoble et des vins de Gaillac. Si tu ne l’as pas lu, tu peux toujours le faire, ça va te prendre 5 minutes max et ça te mettra dans l’ambiance avant de lire celui ci. C’est par ici :

Lire l’article sur les vins de Gaillac

Rentrons dans le vif du sujet, rien de tel que d’aller visiter les domaines pour s’imprégner au mieux des vin d’un terroir. Sur cette journée, avec ma douce et pinpin (aka ma dernière progéniture), on a pu découvrir 3 domaines, je te raconte, dans l’ordre de la journée.

Château de Terride

Alix et Romain nous ont reçu chez eux comme des amis, vu que nous sommes arrivés vers l’heure du déjeuner, on a pu partager un repas, l’occasion de faire connaissance avec leurs vins mais aussi avec eux. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils travaillent très bien (et beaucoup), et qu’ils nous ont fait passer un super moment, Romain est un épicurien comme je les aime, et Alix est une vigneronne œnologue créative qui sait ce qu’elle veut faire de son domaine, qui est dans sa famille depuis 1996.

Le lieu tout d’abord, il est superbe, ils adorent les beaux jardins et ça se voit, c’est très beau, on se croirait en Toscane. D’ailleurs, le château est prisé pour organiser des réceptions, des mariages et divers événements œnotouristiques, souvent en lien avec la gastronomie.

Ensuite, le domaine viticole, il représentait 40 hectares et aujourd’hui ils affichent une volonté d’aller vers une surface d’environ 30 hectares. Cette baisse quantitative va dans le sens de se diriger vers le bio et vers une philosophie d’être des artisans du vin. Ils souhaitent arrêter le vrac (bib) pour aller uniquement vers la bouteille. Côté cépages, ils sont dans les grands classiques de Gaillac, Prunelard, Duras, Braucol, Mauzac, Loin de l’œil, plus quelques autres cuvées avec de la Syrah ou du Viogner par exemple. Ils ne s’interdisent rien tant que c’est bon, notamment sur les assemblages. Chaque vin est pensé en lien avec le monde de la gastronomie, pour eux, l’un ne va pas sans l’autre.

Sur le travail du raisin, Alix et Romain s’orientent clairement sur des techniques de vinification qui permettent d’obtenir des vins purs et sur le fruit, ils vont ainsi sur une limitation de l’utilisation du bois. Aujourd’hui, certaines cuvées sont vinifiées ou élevées dans des œufs en polymère, ils offrent une micro oxydation en douceur des vins. Un énorme travail est aussi fait pour vendanger les raisins à la leur juste maturité, ni trop tôt, ni trop tard, ça demande une analyse quotidienne des parcelles et une organisation minute pour être prêt le jour J, de quoi rendre dingue de stress le paternel d’Alix.

Lors de cette visite, nous avons dégusté plusieurs vins, en voici quelques uns :

L’Irrésistible 2018 : C’est un vin rosé bonbon à base de Grenache qui est créé pour le plaisir de profiter de ses arômes, comme une bonne salade de fraise saupoudrée d’un peu de sucre en poudre. C’est un vin tendre dans lequel il reste un peu de sucre résiduel (sous les 10 grammes il me semble). Idéal pour un repas asiatique ou à l’apéritif bien sûr.

Château de Terride Blanc 2016 : On est sur un assemblage Mauzac et Loin de l’œil, vinifié et élevé en barrique pendant 9 mois. On est sur un vin structuré et gras, avec des notes toastées et briochées, idéal pour un repas, avec par exemple un ris de veau aux cèpes. Avec mon douce, on adore, un vin idéal pour notre copine Pascale.

L’original Primeur Rouge 2018 : Un vin 100% Duras en fermentation carbonique (grappes entières) pour aller chercher l’expression du fruit. On n’est pas en appellation Gaillac car il est sorti au moment du primeur, mais on est bien sur l’expression d’un Gaillac. On est sur le fruit, la framboise avec un côté banane très présent, mais le Duras y ajoute une bonne dose d’épices. Il peut se boire frais, comme un rosé.

Château de Terride Rouge 2016 : C’est un mélange de Braucol, Syrah et Duras dont une partie est élevée en barrique. Le Braucol est le squelette de ce vin par son apport sur sa structure, le Duras vient apporter des notes poivrées et la Syrah y ajoute rondeur et volupté.

Ta Main sur mon chemin Rouge 2016 : C’est un peu la cuvée fusion d’Alix et Romain, à base de Braucol et de Syrah, vinifiée en barrique et élevée dans ces mêmes barriques. On est ici sur du fruit mûr presque confituré avec des notes de sous bois sur une belle harmonie d’ensemble. A déguster sur une côte de bœuf par exemple.

Le Festin des Anges 2011 : C’est un 100% Mauzac qui est fermenté en barrique. Quand la fermentation est faite, la barrique est fermée et ils n’y touchent plus pendant… 7 ans ! La part des anges, c’est à dire la partie du vin qui va s’évaporer naturellement est importante, un tiers. Au contact de l’air, le vin va s’oxyder et lui donner ses caractéristiques si particulières. Certains appellent ça des vins de voile. Ca se consomme à la fin d’un repas, sur du fromage ou même en digestif. Il s’utilise aussi en cuisine, pour déglacer et construire de superbes sauces.

Instant Terride : C’est un Mauzac en méthode ancestrale. La méthode ancestrale est en quelque sorte le fruit du hasard, c’est un vin qui n’avait pas terminé sa fermentation qui a été mis en bouteille. Il a continué à fermenter dans la bouteille, la magie de l’apparition de la bulle. Rien n’est ajouté pour faire les bulles, c’est uniquement le sucre du raisin. En bouche c’est hyper rafraîchissant, avec un taux d’alcool à 10,5 / 11 degrés, et fruité avec une bulle légère. Il reste environ 15 grammes de sucre, ça lui permet d’être très plaisant et abordable pour tous les palais.

En savoir plus :

http://www.chateaudeterride.com/

Château de Mayragues

Nous arrivons au deuxième domaine légèrement enivré, et nous sommes directement assailli par la beauté du lieu, c’est ici aussi une merveille architecturale. Le château, si beau soit il aujourd’hui, n’était pas dans ce même état en 1980 lorsque Alan et Laurence Geddes en firent l’acquisition, il était même plutôt en ruine. C’est un travail titanesque qu’ils ont effectué pour redonner vie et splendeur à ce monument historique dans lequel il est même possible de séjourner, il y a 2 chambres d’hôtes tout en haut du château. Ce lieu d’exception est un écrin parfait pour les 5 ou 6 concerts organisés chaque année dans les jardins du château.

En complément de ce travail sur la pierre, il y a eu aussi un énorme travail sur la terre et les vignes. Il faut dire qu’Alan est un écossais qui n’aime pas que le whisky, il a toujours eu un feeling particulier avec le vin. Il a vite compris qu’il est plus simple d’aimer le vin que de le produire. De la même manière, son idée était d’aller à l’excellence et au respect des traditions et de la nature, c’est ainsi que naturellement ils se sont dirigés vers le bio et la biodynamie. Ca fait 20 ans qu’ils sont en biodynamie, les premiers en Gaillac ! C’est aujourd’hui 14 hectares de vignes, dont Duncan Geddes, le fils, s’occupe, qui permettent de produire les différentes cuvées du château.

Alan nous a fait déguster ses cuvées dans son chai.

Les Mages Blanc 2018 : C’est un 100% Mauzac qui a eu la chance de recevoir une vinification dans des fûts d’acacia, ce qui est assez original en soit. Côté dégustation, je retrouve la vivacité du Mauzac que j’aime tellement, elle est associée avec une bonne dose d’élégance certainement apportée par cette technique de vinification. Il s’accorderait parfaitement avec une blanquette de veau crémeuse.

Classique blanc 2018 : Encore un mono cépage avec cette cuvée 100% Loin de l’œil. C’est beaucoup plus aromatique sur la poire Williams notamment, qui est accompagnée d’un bouquet de fleurs blanches. Il peut s’apprécier à l’apéritif ou autour de quelques fromages.

23° Fahrenheit 2017 : Il s’agit ici d’une cuvée unique, produite en 2017. Elle est unique car elle est issue d’un gros aléa climatique qui a grandement amputé la récolte, la grêle et le gel. 23 degrés Fahrenheit ça représente environ -5 degrés Celsius qui a été la température qui s’est abattue sur les vignes durant plusieurs jours. Le résultat est ce vin, dans lequel on retrouve tout ce qui a pu être récupéré des vignes (Braucol, Duras, Syrah, Cabernet Sauvignon et Gamay) et on y goûte la fraîcheur de ces 23 degrés. Il est peu tannique et gouleyant sur le fruit juste cueilli, comme des graines de grenade qui viennent claquer dans ta bouche.

Les Mages 2015 : Braucol et Cabernet Sauvignon viennent composer cette cuvée. Un élevage en fut lui apporte une belle tenue en bouche et une bonne dose de caractère. On est sur mélange de pruneau, de cigare et de myrtille. Ca vient te remplir le palais de bonheur liquide qui perdure sur l’ensemble de la dégustation. Attention à bien réfléchir au bon accord, il va falloir un plat qui arrive à l’accompagner dignement, perso dans ma tête je vois sortir du four une poularde demi-deuil (contisée à la truffe).

Doux de Mayragues : C’est un mono cépage, un 100% loin de l’œil. On est ici sur un vin doux dont les raisins sont récoltés en sur-maturité afin d’obtenir une concentration maximale des arômes et des sucres. Il passe aussi ensuite 9 mois de sa vie, une grossesse, dans les fameux fûts d’acacia. Il est doré à souhait et il développe des notes de miel, de poire confite avec une finale fraîche et pétrolée. J’adore !

En savoir plus :

https://www.chateau-de-mayragues.com/

Mas Pignou

Dernière étape à Gaillac, nous arrivons (en retard) au Mas Pignou. C’est Bernard Auque qui nous reçoit dans ce domaine familial depuis cinq générations. Il est passionné et rempli d’une énergie communicative. Il aime son vin et affectionne de le partager, il organise ainsi de nombreuses soirées dans le domaine. La veille de nous recevoir une grosse soirée dansante avait réuni plus de 900 personnes dans le domaine. Il s’occupe aujourd’hui de 35 hectares de vignes grâces auxquelles il produit une belle panoplie des vins en appellation Gaillac.

Avant de rentrer à la maison, Bernard nous a fait goûter pas moins de 7 cuvées. Et encore, on a dû dire stop sinon on dégustait toute la gamme. Il est le Lucky Luke du tire bouchon, il débouche plus vite que son ombre.

Le Perlé 2018 : C’est un 100% Loin de l’œil qui propose en bouche un fine bulle très discrète issue d’une mise en bouteille précoce sur la fin de la fermentation qui va générer un peu de gaz. Il est discret au nez mais explose en bouche sur des fruits à chair blanche. C’est un compagnon idéal de l’apéritif mais qui peut sublimer fruits de mer et poissons.

Les Hauts de Laborie blanc 2017 : C’est aussi du Loin de l’œil avec une touche de Sauvignon. Il est incisif, croquant avec un zeste rafraîchissant. C’est totalement le vin blanc que souhaite produire Bernard, et je le comprends, c’est excellent. Je le vois bien sur un Céviché de dorade au yuzu.

Mélanie blanc 2015 : Encore du Loin de l’œil et du Sauvignon dans cette cuvée. Il est issu d’une sélection rigoureuse et d’un travail dans le chai précis. C’est un vin où la malolactique a été faite, ça lui ajoute des notes beurrées que j’aime beaucoup. C’est clairement un vin d’équilibre et de classe qui peut s’attaque à un plateau de fromage sans aucun complexe. Je crois que j’en ai acheté, chérie, où est le tire bouchon ?

Mélanie rouge 2015 : On est toujours sur les grands classiques de Gaillac, le Braucol, le Merlot, le Cabernet Franc et le Duras. Il faut être patient pour le déguster car il reste en cave pas mal de temps avant d’être commercialisé. Chaque cépage apporte sa touche lors de l’assemblage, de la finesse pour le Duras, du potentiel pour le Cabernet Franc, de la rondeur pour le Merlot et du caractère épicé pour le Braucol. C’est une superbe cuvée qui mérite qu’on s’y attarde à nouveau dans 5 ou 6 ans.

Mélanie Blanc doux 2015 : On passe sur un peu de sucre avec cette cuvée toujours en Loin de l’œil. Il est récolté très tardivement en hiver et offre une concentration optimale des arômes confiturés de pâtes de fruits. Quel régal ça doit être de s’en servir un demi verre pour accompagner un Roquefort crémeux…

Le Bourru 2018 : C’est un vin totalement inédit pour mon palais. Il est fait à base de Loin de l’œil et de Mauzac. Il est inédit car il est très peu alcoolisé, juste 3%, grâce une fermentation très partielle qui est stoppée par le froid. On obtient dans ce flacon du pur plaisir fruité, avec une surprise de taille car il développe des arômes de pomme, dingue. J’en ai acheté (il est à moins de 5 euros) et je crois que j’ai déjà tout bu, sniff.

Bulle de Paradis Blanc : Ce sont des bulles en méthode ancestrale, je t’ai déjà expliqué. C’est un 100% Mauzac. Il est mis en bouteille et continu à fermenter dans la bouteille et conservera un peu de sucre. On est sur le fruit, encore la fameuse pomme. Il est à 10 degrés, de quoi se faire plaisir avec modération. Pour ceux qui trouve le Champagne trop agressif, c’est LA solution.

En savoir plus :

http://www.vins-gaillac-sud-ouest.com/

A suivre

L’aventure Gaillacoise n’est pas terminée car je te prépare quelques vidéos sur ma chaîne Youtube. A suivre …

En savoir plus sur les vins de Gaillac :

https://www.vins-gaillac.com/

Toutes les photos :

Info : J’ai été invité à découvrir les vins de Gaillac. Cet article en reste sincère, tant ça correspond parfaitement aux bons vins que je souhaite partager sur ce blog.

A propos bOb

A lire également

La Clape : Château Le Bouïs et Château Bouisset

Article écrit par Nathalie ma douce Avec chéri fin juin, nous avons fait un super …

Laisser un commentaire